Samedi 29-Dimanche 30 Septembre 2001
Le temps passe, et la saison de Ring touche bientôt à sa fin. En effet, Octobre constitue la limite pour trouver une piste sèche, et Novembre une piste détrempée, car ensuite vient la neige...
Il faut donc caser les sorties restantes là où c'est possible, de manière à ne pas passer l'hiver sur un trop grand sentiment de manque.
Tout ça pour dire que cette fois-çi, nous partons sur un week-end entier, le calendrier ne permettant pas de se décaler sur le vendredi ou le lundi, de manière à avoir au moins une journée de faible trafic. Nous tournerons donc avec la meute, et l'on peut dire que tous les inconvénients redoutés seront au rendez-vous.
Nous, c'est qui ? Cette fois-ci, petit contigent : 3 personnes en tout.
Après avoir consulté les astres et le grand Marabout de Pas de Calais, Gwen est enfin sur les rangs. Absent de l'excellente 3e sortie, 15 jours plus tôt, il en a conçu une certaine amertume en constatant que le mauvais temps tant redouté ne s'était pas (trop) montré.
Il amène avec lui Thibault, motard de son état, qui a choisi le Ring pour sa prèmière expérience en circuit (soit dit en passant, je le déconseille vivement ! ). Gwen offre un voyage d'adieu à son coupé Z3, qui ne va pas tarder à faire les frais de dispendieux projets familiaux.

Thibault, lui, chevauche sa 900 CBR et ne s'attend donc pas à être en manque de Watt.

Z'iriez lui voler, vous ?
Who wanna steal this bike ?
Départ matinal, à 9h00. Je comptais finir de roder mes disques et plaquettes sur le chemin, mais impossible à cause du trafic : d'habitude l'autoroute après Trier est vide, on peut planter tous les coup de freins que l'on veut, mais là, je vois bien que ça déconcerte un peu les conducteur de diesel.
Arrivée un peu avant 13h00.
La foule est dense, les parking principal ne suffit déjà plus à contenir tout ce petit monde.
Les nuages sont là, mais la piste est sèche, donc allons tout de suite faire un tour calme pour finir le travail.
Surprise : en arrivant sur la chicane d'Horenrain, un panneau temporaire de limitation à 70km/h.... on peut être mieux accueilli :-(
En fait, une course se déroule sur le circuit de F1, et comme c'est parfois le cas, la piste est court-circuitée au niveau de T13. On nous fait emprunter au pas le très étroit couloir qui traverse les anciens stands de la Nordschleife. Le but étant de laisser une marge par rapport au petit tourniquet tout proche. Du coup, après à peine 1 km de Nordschleife, envolés les espoirs de chronos époustouflants : cette farce nous fait perdre plusieurs secondes, sans doute pas loin d'une dizaine.

La piste est a gauche du rail. En face, le circuit de F1 est caché par les panneau publicitaires (subtile métaphore...)
The track is on the left of the armco. In front of us, the F1 track hides behind a wall of ads (subtle metaphor...)
(T13)
Seul aspect positif, la nostagie refait surface. En repassant ici, sur ce parking minuscule et assez quelconque, on se souvient des premiers voyages (et non pas sortie) au Ring, quand on était encore entre nous.
Retour dans l'action : roder ses freins se révèle très difficile, on tombe toujours sur un concurrent virulent, à qui on ne peut décemment pas faire croire que l'on freine tôt. Du coup, ça sent assez vite la garniture brûlée...
Fin du premier tour, et début des problèmes de parking, il faut se rabattre sur celui en terre. Gwen et Thibault arrivent peu après.
La piste est déjà fermée pour dégager une auto rail-ophile dans wippermann, donc nous pouvons déjeuner sans stress. Petite surprise, un Avantime tout bleu cherche aussi une place et passe à coté de nous. Avec Gwen, nous tombons d'accord sur un point : les créations de Mr Le Quément, designer de chez renault, sont quand même des attentats très rudes portés à l'encontre du Beau :-)
Le week-end prend déjà une tournure assez moyenne : il y a foule, mais on peut soupçonner que pas mal de gens n'ont rien à faire ici. Et l'on peut s'attendre à de nombreux crashs et à pas mal de fermeture de piste.
En nous balladant dans les stands, surprise , nous tombons sur ça :

EVO VII : tout ce que j'ai retenu c'est : les arbres à cames sont creux, mais l'auto pèse... houlala...
EVO VII : all I noticed is : hollow camshaft, but the car weights... pfiuuuuu
On a beau être blasé (alors là oui :-) il est toujours étonnant de découvrir des autos qui ne sont pas encore sorties dans toute l'Europe, et encore moins en France, surtout quand c'est... par paquet de 5 !
Mais la piste ouvre, ça s'agite.
Au boulot ! Thibaut m'accompagne en passager, histoire de repérer les point clés, et Gwen part dans la foulée.
Le trafic est dense, plus question de chronos. Thibault s'inquiète un peu du revêtement bosselé du circuit, car il sait que sa moto guidonne parfois.
Alerte pour Gwen qui entame des figures libres dés son premier tour : surpris par un drapeau jaune après la bosse de Quiddelbaccher Hohe, il freine brutalement, et l'auto part dans tous les sens. Heureusement, il reste sur la piste, mais il aurait pu abimer un rail ce sagouin !
A peine revenus au stand : nouvelle fermeture. On n'est jamais déçus les jours de grande affluence. Problème, les nuages deviennent bien sombres et la coupure s'éternise... Du coup, il se met à pleuvoir, sans espoir de revoir une piste sèche d'ici la fin de journée.
Du coup nous avons tout le temps pour la photo de groupe :

De gauche à droite : Gwen (air ravi), moi (air quelconque), Thibault (air méchant).
Ré-ouverture de la piste. On trouve déjà nettement moins de monde sur les parking et sur la piste, c'est le point positif.
Décidement tourner sous la pluie deviendrait presque amusant ! Surtout en traction, car on est sensiblement plus à l'aise que les grosses propulsions. A Hocheichen, partie extrèmement piègeuse dans ces conditions, plusieurs groupes de spectateurs notent les figures libres, alors que sur le sec, cet 'endroit est désert. Belle mentalité.
Thibault, lui a abandonné toute vélléité de découvrir le Ring au guidon aujourd'hui, hélas :-(

Une très, très belle Alpine A 110 allemande.
A gorgeous german Alpine A110.
Moment intimidant : un tour en passager avec Gwen, toujours sur le mouillé. Quelle auto ce Z3 Coupé ! C'est lourd, mais quelle gueule, y compris vu de l'intérieur. Et le son du V6 ferait presque regretter de ne conduire que des GTI PSA. Mon pilote du samedi après midi aborde la chose sérieusement, et on se sent assez safe. Sauf quand il s'amuse à laisser dériver l'arrière de temps en temps. Et sur les freinages dans la descente d'Adenau, car là, pour moi, même à pieds, ça va trop vite !!

On s'est fait doubler !! M'en fiche, j'étais passager :-)
We're being overtaken !! I don't give a damn, I'm passenger :-)
(Hohe Acht/Wipperman)
Comme les conditions ne s'améliorent pas, nous décidons d'aller nous ballader aux abords du circuit. Et si on allait à....Hocheichen!
Il est déjà 18h00, et nous sommes seuls sur place. La grande majorité des gens qui tournent connaissent bien le Ring, c'est évident.
Il est toujours passionnant de redécouvrir la piste à pieds. Cela permet de ressentir le coté majestueux du site , les pins très hauts qui entourent la piste et lui donnent son aspect sombre et inquiétant. Toutefois, depuis une grosse tempête, une partie d'Hocheichen a été rasé, et on est moins enfermé dans la forêt qu'auparavant.

(Hatzenbach/Hocheichen)
Les passages d'autos (et motos !! ) se suivent, quand tout à coup, déboule la furie incarnée, le démon du Ring : la mini austin break Ringmini. J' en vois qui rigolent, mais avec son moteur de civic VTEC et un pilote lobotomisé, le résultat est hyper spectaculaire !! Et le chrono sûrement valable. Un jour ou l'autre, il faudra bien solliciter un tour en passager....

(Hatzenbach/Hocheichen)
Pour en savoir plus sur Ringmini : www.ringmini.de
Allez, vite, la fermeture de piste approche, il faut tourner un peu. Il fait très sombre, on part avec les codes. Coup de chance, je quitte les stands en même temps qu'une 911 (fin 80s début 90s). Une bourre passionnante qui durera jusqu'à la fin du tour, où la 911 aura finalement pris 150 m d'avance, essentiellement sur la fin du parcours d'ailleurs. Nous passons Hohe Acht noyés dans le brouillard, avec très peu de lumière , vraiment magique :-) On se prend vraiment à rêver de sessions de nuit, car la sensation de vitesse doit être phénoménale :
"Cherche sponsor pour les 24 H du Ring !!! "

Toute les 911 ne sont pas des lumières... et toutes les saxo ne sont pas éteintes !
All 911 are not lighted.... and all saxo are not shut down !
A la fin du tour, la piste est fermée. Quand on voit le temps, froid, humide, sombre, il faut vraiment avoir la foi dans les prévisions météo pour le lendemain, qui annoncent le soleil.
Gwen est tout content, car nous avons trouvé à nous loger au GastHaus Weber. Il aime bien cet hôtel, Gwen, je le soupçonne même de venir au Ring pour ça... Coup de bol, un garage est libre, et Thibault peut ranger sa Honda au sec. Elle pourra ainsi discuter des affres de la Nordschleife avec une soeur Ducat 996 vautrée le jour même, et une quasi épave de... 900 CBR. Mais acceptera-t-elle de redémarrer demain matin en voyant ce qui l'attend ??

Cette moto n'a plus forme humaine ...
Rather shapeless...
Repas agréable, jolie serveuse, on commence à somnoler doucement.
Un troupeau de motards anglais met l'ambiance en passant ses vidéos embarquées sur la TV du restaurant.
Première séquence : la moto caméra se vautre à la sortie du petit Karussell. Et ils sont positivement morts de rire en voyant la scène :-) Ca tourne au délire quand un second motard s'arrête pile dans le champ de la caméra à terre, et relève la moto en faisant involontairement un gros plan sur ses parties (cachées). C'est tout à coup un vent de stade de foot qui passe entre les tables !
Plus sérieux, les séquences suivantes sont des tours entiers, avec une qualité d'image époustouflante, surtout quand on connait le revêtement parfois défoncé du Ring. Rien ne bouge, on se régale. De plus ils ont installé deux caméras, AV et AR, et le pilote shift de l'une sur l'autre quand il dépasse quelq'un, ce qui permet de suivre le sujet. Grandiose. Et les vues AR sont plus belles encore, car la perspective est nouvelle pour un habitué du circuit.
Au passage, nouvelle grosse rigolade quand on aperçoit un autre membre du groupe vautré dans l'herbe. Bizarre tout de même.
Le lendemain matin vers 9H00 le temps est bouché et tout est trempé. Du coup on ne panique pas quand la mamie de l'hotel, très gentille mais un peu liquide, s'emmêle les crayons dans l'addition, retardant d'autant l'accès au circuit. Heureusement, notre serveuse française est là et nous sauve la mise.
Ca se lève un peu mine de rien, et l'on peut penser que tout va sècher. Départ pour le premier tour de la journée, thibaut est de nouveau passager de la saxo. Sur la piste, les parties les plus exposées sont presque sèches, mais en forêt, on trouve au mieux une trajectoire sèche, large comme l'auto ou carrèment tout humide. Malgré la prudence de mise, on arrive encore à se faire peur, par exemple à l'entrée du "S" suivant Kallenhard, où le train avant tombe en panne.
Notre motard investit néanmoins dans son ticket du jour et se lance à l'assault de la Nordschleife, malgré les conditions encore loin d'être idéale.... ça démange :-)

Le jeu des 7 différences. Moi j'en vois pas.
Find the seven differences. I found none.
Dans les stands, c'est à peine croyable, on voit des embouteillages constitués de porsche, ferrari, sub, Lotus, qui se bagarrent pour une place. Alors, je vous le demande, pourquoi qu'à Paris, les gens ont le mauvais goût de s'engluer dans les encombrements au volant de monospaces diesels ?? C'est de la médiocrité pure, puisque apparemment, un V12 supporte tout aussi bien le ralenti !!
La saxo, elle, se retrouve à l'autre bout de Nurburg, car je me vois mal expliquer à mon assureur comment j'ai fait pour moucher d'un coup une 550 Maranello et une GT3.
Gwen tourne sans alerte cette fois et s'amuse beaucoup.
Je repart pour un tour. Ca devient sympa : aussi vite que sur le sec par endroit, malgré des parties humides. D'ailleurs la saxo glisse franchement à l'entrée d'Adenauer Forst en repassant sur l'une d'elle. Autre pépin : en abordant Angskurve, une des courbe les plus inquiétante du circuit (la courbe de la peur litérallement), ma boîte fatiguée refuse de retrograder en 4... Passer toute cette courbe au point mort, avec la voiture qui flotte et dérive sur le mouillé, rappelle qu'un jour ou l'autre on finira dans le rail, c'est fatal.
De retour, je tombe sur Zoldar, unl hollandais jovial que j'avais entrerçu la dernière fois, membre lui aussi de la mailing list. Nous parlons de Laurens, qui a de nouveau abimé son auto 15 jours auparavant :-(
Zoldar pilote une Civic Vtec 160 ch quasiment de série en dehors des freins et des baquets/harnais. Nous convenons d'échanger les tours en passager.
Sur ces entrefaites, arrive Thib, qui a bouclé son premier tour : il a encore forme humaine :-) Il n'a pas été trop gêné par le revêtement, mais plutôt par le trafic.
Je monte ensuite avec Zoldar : casque obligatoire. Il connait bien la piste, et se trouve rarement hors trajectoire. La Civic me plait bien : son bruit de moto fait beaucoup pour l'ambiance course, et le chassis, ma foi, encaisse très bien. En passager, on pourrais même dire qu'il semble plus cohérent que celui de ma saxo coté amortissement, mais sous vire plus. Seul limite : si le rapport engagé n'est pas le bon, la voiture s'arrête par manque de couple ! Un tour réjouissant. Nous pilotons un peu de la même façon : c'est pas toujours aussi fin que ça devrait l'être , mais on s'amuse :-)

Dans la Civic de Zoldar : vue sur le public à Brunnchen
Zoldar's Civic inboard : public at Brunnchen
La piste est totalement sèche désormais.
Zoldar monte ensuite en passager. Aspect intéressant, il pointe l'attention sur tout les défauts de pilotage, tout ce qu'on s'autorise petit à petit et qui finit par faire beaucoup. Du coup, je me promet de faire un tour parfait dans la foulée.
Le temps est maintenant splendide !! Soleil estival.
Donc la piste ferme, logique. J'en profite pour dire bonjour à Ben Lovejoy. Comme il va se restaurer, et que j'ai perdu la trace de mes accolytes, je l'accompagne. Sans Harraps, la discussion reste sommaire, mais comme dit l'autre, Ringers, c'est une communauté de coeur. Il m'explique qu'il a été emballé par un tour en F355 Spider, et que désormais il lui en faut une :-)
La fermeture s'éternise.

Comme d'habitude, le commissaire de piste donne des détails par haut parleur, mais dans sa langue maternelle.
Ben m'explique : un gros accident. Un mort, 5 voitures et plusieurs motos. La piste ne ré-ouvrira pas avant 16h00.
Gwen et Thibaut, se décident à partir, car il ne peuvent attendre jusque là. A l'année prochaine.
Zoldar est passé peu après l'accident, ses mains tremblent : " it was Total Chaos"
L'accident à eu lieu à Flugplatz : un motard à terre et bléssé signalait le crash, et derrière la butte, tout était en vrac, auto, motos, motards...
La journée est compromise. Par expérience, ce genre de crash débouche sur une fermeture de la piste pour la journée.
A titre perso, je ne suis pas trop porté à la compassion ostensible et au misérabilisme dans ces conditions : le Ring est dangereux, il se produit des accidents, c'est dans l'ordre des choses, et ceux à qui ça arrive sont censé le savoir.
Toutefois, en déambulant dans les stands, j'enrage doucement. Car finalement, le Ring n'est pas si dangereux que ça. Mais une telle population d'abrutis ne peut que déboucher sur des catastrophes. Je l'ai déjà dit, désormais, le Ring est devenu un haut lieu de la frime, l'endroit où il faut s'afficher. Combien de personnes qui n'ont pas d'aptitudes particulières pour le circuit viennent ici, simplement parce que c'est facile d'accès et à la mode.
Et à l'inverse, pourquoi certains se croient-ils en course, frôlent ceux qu'ils dépassent, bouchonnent ou collent à 2m...C'est super l'auto ou la moto, la vitesse, le pilotage. Mais quand ça devient un moyen de développer son égo, c'est pitoyable et inutilement dangereux.
Que dire aussi du motard qu'on a doublé le matin, qui trimballait son fils de 8 ans en passager ?
Bref, le parking devient étouffant de connerie cet après midi. On ne peut plus tourner. Il y a eu un mort et c'est grave. Pas en soi, mais parce que l'avenir de ce petit paradis s'assombrit à chaque décès sur la piste.
Or une grand partie des gens présents affichent de grands sourires, et ça, c'est insupportable. L'essentiel est sauf, leur auto est garée en bonne place et bien en vue, il n'ont même plus d'excuses à trouver pour ne pas trop aller la risquer sur le circuit ou pour expliquer pourquoi ils rament avec 300 ch. Et en prime, il pourront se vanter d'avoir vu le danger de près, ma bonne dame, y a eu un mort !!
Chez les motards, cet aspect est moins présent, mais la proportion de gens ne maîtrisant pas leur machine est encore plus impressionnante. Et un jour, il faudra aussi leur expliquer que cette foutue habitude de rouler en groupe gêne énormément, surtout quand ils tournent en 11 mn ...
Bref, ça tourne à l'orage pour le moral. Pour la première fois au Ring, j'entend un boum-boum caractéristique des ambiances qui craignent vraiment : une auto tunnée crache ses décibels et fait chier tout le monde.
Cassons-nous vite fait. Direction Mesgesfeld, la seule partie que je n'ai jamais faite à pieds.
Pour y accéder, il faut laisser l'auto à Adenau et monter jusqu'à Adenauer Forst, puis longer la piste. Vide bien sûr. Ca va quand même mieux, ici pas un chat, et on peut marcher sur la piste, plaisir ultime. Je passe Mesgesfeld, finalement assez conforme à ce qu'on attend, puis jusqu'à Kallenhard, début de la descente sur Adenau. Ce virage par contre, est dantesque vu comme ça : un vrai tire bouchon. La piste est très relevée, le virage forme une quasi épingle d'environ 15/20m de rayon, mais toute en descente, il tiendrait dans un cylindre. Un petit bijou, comme on ne trouve beaucoup ici et pratiquement nulle part ailleurs.

Kallenhard. Le point de braquage est peint sur la piste, comme souvent au Ring.
Kallenhard. Turning point is painted on the track , as often at the Ring.
En revenant sur mes pas, je vois au loin un hélico qui tourne au dessus de Flugplatz. Il ne se pose pas, et reste là. Mon pessimisme du moment en déduit qu'il s'agit de journalistes qui vont faire les choux gras du carnage, comme c'est souvent le cas.
Retour éclair sur le parking : nouveau message dans le haut parleur. Je me fais traduire : fermé pour aujourd'hui. Logique.
Du coup, je me dirige vers les lieux du drame, laisse l'auto au bas de Quiddelbaccher Hohe et grimpe jusqu'à Flugplaz par la piste..
En fait j'avais mal compris, je pensais que l'accident avait eu lieu à Schwedenkreuz un peu plus bas. J'arrive juste pour voir à travers les arbres la dépanneuse emporter les dernières épaves de deux roues, et deux officiels repartir à contre sens en audi.
A contre sens !! Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour faire le circuit à contre sens !!!
Je suis seul sur la piste, juste à l'endroit où elle plonge vers swedenkreuz. Sur le tarmac, la police a dessiné mille signes cabalistiques et repères en tous genres. Sur 200 ou 300 mètres. C'est incompréhensible. Il n'y a pas vraiment de virage à cet endroit, aucun freinage, juste une légère courbe à fond sans problème.

On devine que le drame a plusieurs causes : mauvaise connaissance du circuit pour certains, plusieurs groupes se rejoignant, autos, motos, et enfin comportement à la con. Ici pas de fatalité, de toute évidence les gens qui ont eu l'accident, ou une partie d'entre eux, sont responsables. 20 personnes censés et connaissant la piste peuvent passer à cet endroit en même temps sans s'accrocher.
Normalement.
Espèrons que la multiplication de ce genre d'évènements ne remettra pas en cause l'avenir de la Nordschleife :-(
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